Le Groupe de Réflexion Permanente sur Haïti (GREPH) a rendu publique, le 5 janvier 2026, une proposition de sortie de crise fondée sur une transition institutionnelle. Cette initiative fait suite à un constat d’échec du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et du Gouvernement.
Dans un document d’une dizaine de pages, le GREPH, qui se présente comme une structure indépendante et non partisane, estime que la gouvernance collégiale à neuf membres n’a pas permis d’atteindre les objectifs qui lui avaient été fixés. Selon l’organisation, cet échec collectif a contribué à l’aggravation de la crise multidimensionnelle que connaît le pays.
Le Groupe évoque notamment l’effondrement des institutions, la paralysie politique, l’insécurité généralisée, la dégradation des conditions de vie de la population, ainsi que l’affaiblissement de la diplomatie haïtienne et de l’image du pays à l’échelle internationale. Il attribue cette situation à l’irresponsabilité de certains acteurs politiques, à la primauté des intérêts personnels et à une architecture institutionnelle jugée trop complexe et dépourvue de mécanismes efficaces de reddition de comptes.

À moins d’un mois de la fin officielle de la transition, prévue pour le 7 février 2026, le GREPH estime que les objectifs fondamentaux n’ont pas été atteints. Il souligne l’incapacité des autorités à rétablir la sécurité, à restaurer l’autorité de l’État, à stabiliser les institutions et à organiser des élections crédibles. L’organisation affirme que toute prolongation ou reconduction du CPT serait inacceptable et reviendrait à entériner son échec. Elle se dit également préoccupée par les tentatives de certains acteurs politiques, impliqués dans la mise en place du CPT, d’influencer la prochaine phase de la transition.
Selon le GREPH, ces acteurs devraient se soumettre au verdict des urnes et ne pas prendre part à la direction d’un nouveau processus transitoire. Face à cette situation, le Groupe propose une transition fondée sur cinq principes directeurs : l’impartialité, l’institutionnalité, la compétence, la stabilité et la responsabilité.
La proposition prévoit une direction de la transition confiée à des institutions républicaines existantes et à des personnalités sans ambition électorale immédiate. Le GREPH suggère la désignation d’un président de transition issu de la Cour de Cassation, qu’il considère comme l’institution la plus conforme, à ce stade, à l’esprit et à la lettre de la Constitution de 1987 amendée.
L’organisation rappelle que la Cour de Cassation a déjà assuré des transitions ayant conduit à des élections en 1990 et en 2004, tandis que le Parlement avait conduit celle de 2016. Le Gouvernement de transition serait composé de personnalités crédibles issues de la société civile, sélectionnées sur la base de leur intégrité, de leur compétence technique et de l’absence de conflits d’intérêts.
Le GREPH propose également la création d’un organe indépendant de contrôle et de suivi de la transition. Composé de quinze membres, cet organe représenterait les dix départements du pays, la diaspora, la presse et le secteur des droits humains. Il serait chargé de suivre l’action des autorités de transition, d’évaluer périodiquement les avancées réalisées, de publier des rapports publics et d’alerter l’opinion en cas de dérive ou de non-respect du mandat. En l’absence du Parlement, il exercerait aussi le rôle de haute cour de justice durant la transition. Ses membres seraient désignés par un processus indépendant et ne pourraient exercer de fonctions exécutives ni se présenter aux élections organisées à l’issue de la transition.
La transition proposée serait strictement limitée à douze mois et articulée autour de deux priorités : le rétablissement d’un climat de sécurité suffisant et l’organisation d’élections crédibles, inclusives et transparentes. Le GREPH insiste sur l’inéligibilité des responsables de la transition et sur la mise en place de mécanismes de transparence, incluant la publication régulière de rapports d’étape.
En conclusion, l’organisation estime que cette transition institutionnelle, fondée sur la neutralité et la stabilité, permettrait de restaurer la confiance, de renforcer la sécurité et de rétablir l’ordre constitutionnel. Elle soumet sa proposition au débat national et international, affirmant agir dans un esprit de patriotisme et d’intérêt supérieur de la nation.
Juste un clin d’œil !