La journée du 3 décembre est consacrée aux droits des personnes à mobilité réduite, et le regard se porte sur des milliers d’Haïtiens qui, chaque jour, affrontent un environnement qui ne leur fait aucun cadeau. Entre obstacles physiques, manque de services et absence de politiques publiques adaptées, leur détermination force le respect.
Vivre avec un handicap en Haïti dépasse la simple limitation physique : c’est composer avec des trottoirs impraticables, des bâtiments publics inaccessibles, des démarches administratives souvent impossibles à accomplir sans assistance. Les services spécialisés restent rarissimes, et l’accompagnement institutionnel, pourtant indispensable, demeure insuffisant.
La Caisse d’Assistance Sociale (CAS), censée apporter un soutien matériel et financier aux personnes vulnérables, peine encore à répondre aux demandes. Retards dans les allocations, couverture limitée, moyens opérationnels dérisoires : pour beaucoup, l’aide reste théorique. La majorité survit grâce à l’entraide familiale, à la débrouillardise et à un courage quotidien rarement visible.
Derrière ces défaillances se trouvent des histoires. Des vies bouleversées, mais réinventées avec une force admirable.
Jean-Marie DORFEUILLE, ancien chauffeur de transport en commun, a perdu une jambe dans un accident de la route. Le choc a bouleversé son existence.
« J’ai dû tout réapprendre : marcher, travailler, même espérer », confie-t-il.
Après de longs mois de rééducation et grâce au petit commerce de sa femme, il parvient aujourd’hui à subvenir aux besoins de sa famille. Son parcours rappelle la fragilité de ceux dont la mobilité dépend d’un équipement ou d’un environnement accessible.
Marlène FRANÇOIS, âgée de 28 ans et mère de deux enfants, vit avec un handicap survenu, lors du séisme du 12 janvier 2010. Installée dans son fauteuil adapté, elle peine encore à évoquer ce traumatisme. Chaque sortie, dit-elle, est une épreuve. Pourtant, elle continue d’avancer, soutenue par une volonté de fer. « Je vis malgré tout », murmure-t-elle, les yeux tournés vers ses enfants.
Ces récits ne sont qu’un aperçu de la réalité de milliers d’Haïtiens vivant avec un handicap. Ils soulignent l’urgence d’un plan national cohérent, adapté à leurs besoins, dans un pays où l’instabilité fragilise encore davantage les plus vulnérables.
Leur histoire n’efface pas les manquements du système, mais rappelle qu’au-delà des chiffres se trouvent des vies qui demandent simplement d’être vues, entendues et respectées.
Juste un clin d’œil !