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Économie

La pénurie de carburant, un problème accepté dans le quotidien de l’haïtien

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Le pays fait face à une crise de carburant chaque trimestre. Les secteurs privé et public, les hôpitaux, le transport en commun sont touchés par la pénurie d’essence qui persiste dans les 10 départements du pays. Et qui fabrique cette pénurie?

Des institutions telles que le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), le Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide Au Développement (BMPAD) et des associations telles que l’Association Nationale des Distributeurs de Produits Pétroliers (ANADIPP), l’Association des Professionnels du Pétrole (APPE), entre autres, sont des instances qui gèrent la question de la disponibilité, la commande, la distribution et le prix du carburant. Mais depuis plus d’un an, le pays connaît une pénurie de carburant à répétition. Le problème est dû, soit à cause d’un retard dans les commandes, soit la livraison ne se fait pas à temps. Le pire, il arrive des fois que l’État haïtien n’a pas assez d’argent pour commander le précieux liquide.

Paradoxalement, à chaque fois que la crise refait surface, chacune des institutions qui ont la responsabilité d’assurer la disponibilité de l’essence accuse l’autre à tour de rôle, mais la population en paie les frais, car dans les stations-service c’est un véritable casse-tête pour les automobilistes et les motocyclistes de remplir leur réservoir. De longues files d’attente de motos-taxis et de véhicules sont remarquées. Cette rareté récurrente de gazoline intervient, de manière intempestive, dans le pays, notamment dans la capitale Port-au-Prince.

Au début de l’année 2021, n’en parlons pas pour 2022, cette rareté de carburant provoquée, pendant plusieurs jours, perturbe la circulation d’automobiles sur le territoire national, notamment dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Dans le transport en commun, les relations entre les chauffeurs et les passagers sont très tendues; les chauffeurs augmentent le prix des trafics, expliquant que c’est avec beaucoup de difficultés qu’ils font le plein dans les pompes, et sur le marché informel ils paient le triple, parfois quintuple, du prix fixé par les autorités concernées pour se procurer d’un gallon.

Les stations de vente à sec, le marché informel n’en manque pas.

Cette rareté récurrente de gazoline intervient, de manière intempestive, dans le pays, mais plus d’un se pose la question : comment se fait-il que le carburant soit disponible en quantité sur le marché informel, alors que dans les stations de vente c’est une autre réalité?

Un pompiste contacté par la rédaction de Clin D’œil Info (CDI) nous informe que cette histoire de marché informel est un réseau. Certains responsables de pompe à essence et pompistes décident de vendre ce précieux liquide à des particuliers à un prix normal et ces derniers les revendent à des prix élevés et partagent le bénéfice.

Malgré les différentes dispositions prises par les autorités au niveau du Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) et de la Police Nationale D’Haïti ( PNH) pour interdire et sanctionner les vendeurs de rue. Ces mesures semblent être une lettre à la poste. Non seulement, on constate que les marchands ambulants continuent de faire le commerce de carburant.

Ce marchand rencontré dans les parages de Delmas, à côté d’une station de vente, nous informe sur ses bénéfices exponentielles dans la vente de carburant: 5 000 jusqu’à 10 000 gourdes comme bénéfice, ce qui est relativement énorme. Toutefois, il refuse de nous fournir des informations sur la façon dont il trouve le carburant, mais il avoue que ce n’est pas difficile.

À quoi servent les nouvelles dispositions du gouvernement d’Ariel Henry ?

En novembre 2021, le Premier Ministre Ariel Henry et le ministre de l’Économie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, ont annoncé que l’Etat Haïtien va suspendre la subvention des produits pétroliers en arguant que cette subvention coûte beaucoup. Pour seulement l’exercice 2020-2021, 96 milliards de gourdes, dont 30 milliards ont servi à subventionner les produits pétroliers. Ce qui va pousser les autorités à utiliser la subvention ciblée.

La suppression partielle de la subvention de l’État sur le carburant le 7 décembre 2021 intervenait avec une promesse solennelle d’accompagner les chauffeurs. En effet, un accord a été signé le 9 décembre 2021 entre les membres du pouvoir et des syndicalistes de transport en commun, l’État haïtien s’engage à subventionner les produits pétroliers, notamment le diesel et la gazoline, pour les chauffeurs du transport en commun.

En janvier 2022, les ministres du Commerce et de l’Industrie, des Affaires Sociales et du Travail, respectivement Ricardin SAINT-JEAN, Pierre Ricot Odney, et celui de la Défense ont installé deux commissions de suivi des accords entre l’État haïtien et le secteur syndical du transport routier sur la subvention ciblée des produits pétroliers aux véhicules de transport public. Ces deux commissions étaient composées chacune de neuf membres issus des différentes associations syndicales et des ministères concernés.

Moins de 5 mois plus tard, la pénurie revient dans l’actualité, malgré ces différentes dispositions prises par les autorités en connivence avec les syndicalistes et les associations œuvrant dans le secteur pétrolier. Depuis le début du mois, à longueur de journée à travers les rues de la capitale et dans les villes de province, de longues files de véhicules sont remarquées dans les stations de service. Face à cette situation, quelles sont les préoccupations des autorités concernées ? Plus d’un se pose ces questions: À quoi sert cette commission ? Qu’en est-il de ces dispositions ? Que font Ariel Henry et ses acolytes à la tête de la Primature ? Car, selon eux, le gouvernement se préoccupe plutôt de faire la propagande, mais en ce qui attrait au travail c’est un passage à vide.

Juste un Clin D’œil !