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Éditorial

Éditorial : Conseil Présidentiel de Transition, un phare d’espoir ou un marasme extrême ?

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Envers et contre tous, le  Conseil Présidentiel, composé de 9 membres dont 2 observateurs et 7 membres ayant droit de vote, ont prêté serment, le 25 avril 2024, au Palais National. Le CPT est doté  d’un mandat de deux ans et devra diriger le pays avec pour missions principales: rétablir la sécurité, organiser des élections entres autres.

 

Dorénavant, les membres dudit conseil auront à choisir un président pour diriger la transition, ensuite former un nouveau gouvernement transitoire de consensus dirigé par un nouveau Premier Ministre.

Smith AUGUSTIN, Leslie VOLTAIRE, Fritz Alphonse JEAN, Emmanuel VERTILAIRE, Louis Gérard GILLES, Edgard LEBLANC Fils, Laurent ST-CYR, Régine ABRAHAM et Frinel JOSEPH sont les noms des 9 conseillers présidentiels, ayant pris les rênes du pays. Un des 7 personnalités, ayant droit de vote, doit, à partir de ce mardi 30 avril, siéger le palais présidentiel succédant au feu président Jovenel MOÏSE.

Suite à leur prise de fonction jeudi dernier, les conseillers se sont engagés à organiser une conférence nationale pour parvenir à un large consensus sur les principales problématiques auxquelles le pays se trouve confronté.

La représentante de REN, Régine ABRAHAM, qui a pris la parole au nom du Conseil présidentiel de transition, a présenté à la nation les 5 grands chantiers du CPT qui sont entres autres :

1)  le rétablissement de la sécurité publique;
2) la tenue d’une conférence nationale et d’une réforme constitutionnelle;
3) l’organisation des élections générales démocratiques, crédibles et participatives;
4) la restauration du système judiciaire, de l’État de droit et des droits fondamentaux des citoyens;
5) la reprise institutionnelle et économique.

L’heure n’est pas à la chamaillerie, mais au travail

Le Conseil présidentiel arrive dans un contexte de chaos marqué par la violence des gangs, l’instabilité politique endémique, l’inflation galopante, la tragédie des déplacés internes et surtout l’effondrement total des institutions et de l’échec cuisant d’un gouvernement qui a complètement failli à sa responsabilité de protéger la population.

L’heure n’est pas aux luttes pour le pouvoir ni aux querelles partisanes, car 24 mois pour évaluer et reconstituer les quelques miettes d’une cathédrale dévastée pendant plus d’une décennie c’est peu par rapport au défi de l’heure. Déjà méfiant, le peuple haïtien ne donne pas carte blanche au CP.

Le chemin est épineux pour reconduire Haïti vers la voie de la stabilité et de la sécurité. Le Conseil présidentiel est appelé à surmonter les innombrables obstacles tant sur le plan politique et sécuritaire.

Le temps mettra tout le monde à sa place, personne ne pourra en déduire si le Conseil présidentiel va échouer ou réussir sa mission difficile de chercher une sortie de crise.

Ce qui est sûre, c’est que ce gouvernement doit être ouvert à tous les Haïtiens, même à ses opposants qui prônaient un juge à la Cour de cassation comme président ou qui supportaient Guy PHILLIPE pour prendre la tête du pays. La réconciliation s’avère  combien importante pour la réussite de cette nouvelle transition politique.

Il n’est que de suivre les joueurs qui sont déjà sur le terrain, la pelouse est impraticable et le temps est pluvieux. Les spectateurs et téléspectateurs sont en attente de résultats tangibles. Les 9 joueurs, pourront-ils marquer des buts? En tout cas, les fans attendent, avec impatience, la fin du match.

Juste un clin d’œil !