Dans la loterie du premier ministrable, Garry CONILLE a été tiré, mais pas au hasard, pour être le Premier Ministre. 6 des 7 membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) ont fait choix de lui parmi les 5 candidats pour diriger le gouvernement transitoire. Des défis cruciaux attendent le nouveau Chef du Gouvernement qui a rendez-vous avec l’histoire, vu son passage à la Primature.
Dans un contexte marqué par une crise multidimensionnelle, le pays est en quête de dirigeants ayant une vision très claire, un programme bien défini pour le sortir de ce marasme. Nommé officiellement Premier Ministre par arrêté présidentiel, le Dr Garry CONILLE sera-t-il à la hauteur de cette mission? L’arrêté le nommant a été publié le 29 mai 2024 dans le journal officiel Le Moniteur, ainsi que le procès-verbal de sa désignation. Pour plus d’un, ce choix ne fait, non seulement, que plaire aux classes dominantes et aux forces impérialistes mais, aussi et surtout, ce choix fait du tort à la nation haïtienne.
Un choix mal digéré par les opposants du PHTK, et qui ont du mal à savourer le passage du médecin qui a déjà été Chef de Gouvernement entre septembre 2011 et mai 2012 sous la présidence de Michel Joseph Martelly après que la Chambre des Députés et le Sénat ont rejeté les choix de Daniel Gérard Rouzier et Bernard Gousse. Ils voient en lui « un choix imposé par l’international ».
Le 5 septembre 2011, le Président de la République de l’époque, Michel Joseph MARTELLY, a jeté son dévolu sur Garry CONILLE pour succéder à Jean-Max BELLERIVE.
Un choix qui a été approuvé à l’unanimité à la Chambre des députés, le 16 septembre 2011, avec 89 voix pour, et confirmé, le 4 octobre 2011, au Sénat de la République par 17 voix sur 29 (3 contre, 9 abstentions). Sans oublier que Garry CONILLE a notamment travaillé aux côtés de l’ancien président américain Bill Clinton en tant que chef de cabinet de la Commission Intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) .
Environ 4 mois plus tard, Garry CONILLE avait démissionné, soit le 24 février 2012, mais était resté en fonction jusqu’à l’investiture de son successeur, Laurent Salvador LAMOTHE, le 16 mai 2012. Le gouvernement de Conille a été une vraie catastrophe, lors de ses 6 mois avec un bilan mi-figue mi-raisin, après des mois de tension entre Garry CONILLE et plusieurs membres du gouvernement. M. Conille était également à couteaux tirés avec Michel Martelly.
Le débat entre pro et anti-Conille n’est pas d’actualité mais Garry CONILLE va-t-il arriver à combler ce dangereux vide politique, à travailler en commun accord avec le Conseil Présidentiel de Transition en vue du rétablissement d’un climat sécuritaire et l’organisation des élections, d’ici les 20 prochains mois?
L’heure est grave et le technocrate doit être à la hauteur. Le CPT, étant une pomme de discorde, doit laisser le champ libre au nouveau Chef du Gouvernement afin que ce dernier puisse faire la différence, car la population ne peut plus attendre. Elle a soif de vivre, du bien-être et de sécurité. Garry CONILLE n’est pas la bienvenue du côté de la majorité de la population, mais il doit impérativement aller au-delà de ses attentes personnelles pour donner des résultats tangibles.
Toutefois, le Premier Ministre Garry CONILLE est, depuis hier samedi, en Haiti et commence déjà à avoir des échanges avec certains membres de quelques secteurs afin que le partage du gâteau puisse continuer. Des noms sont déjà sur la table, et Clin d’œil Info publiera automatiquement les noms des personnalités ainsi que leurs secteurs, dès que l’arrêté, nommant les membres du cabinet ministériel, est publié. M. Conille doit faire la différence. Il n’a pas droit de suivre les pas du Docteur Ariel HENRY exilé, séquestré ou parti en retraite à l’étranger. M. Conille, vous avez le micro, parlez ! Le peuple vous écoute attentivement et prendra note de vous.
Juste un clin d’œil !