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International

2025 : L’année où la géopolitique a basculé dans le chaos

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Alors que Washington redéfinit ses alliances et que les BRICS+ contestent l’hégémonie du dollar, les nouveaux champs de bataille de l’IA et des minerais critiques fragmentent la planète. Retour sur douze mois de secousses qui ont redessiné la hiérarchie de la puissance.

 

L’année 2025 ne figurera pas dans les manuels comme une simple période de transition, mais comme le moment de rupture où les cadres géopolitiques hérités du XXe siècle ont définitivement volé en éclats. Ce que le monde a traversé au cours des douze derniers mois est une accélération brutale de l’histoire, marquée par le passage d’un ordre multilatéral agonisant à une multipolarité transactionnelle, où la force et l’intérêt national priment désormais sur les grands principes de droit international.

Le retour de Donald TRUMP à la Maison-Blanche, en janvier 2025, a agi comme le premier grand séisme, en officialisant sa doctrine de « l’Amérique d’abord » version 2.0.

En effet, l’administration américaine a imposé des tarifs douaniers agressifs à ses alliés comme à ses rivaux, déclenchant une guerre commerciale planétaire qui a redessiné les flux économiques. Cette posture a forcé l’Union européenne à sortir de sa dépendance sécuritaire, l’obligeant à entamer, douloureusement, une marche forcée vers une autonomie stratégique pour ne pas devenir le terrain de jeu des superpuissances.

Sur le flanc Est de l’Europe, le conflit ukrainien a connu un tournant décisif. Face à une lassitude généralisée et à un tarissement des aides militaires américaines, l’année a été marquée par une diplomatie de l’urgence. Les sommets d’Anchorage et de Washington ont esquissé les contours d’un compromis difficile, sans véritable résolution politique. Pendant ce temps, au Proche-Orient, malgré des cessez-le-feu fragiles à Gaza et au Liban, la région reste une poudrière, entre la chute brutale de régimes anciens comme en Syrie et les tentatives de normalisation sous l’égide de médiateurs régionaux.

Parallèlement, l’affirmation du « Sud Global » a atteint son apogée, lors du sommet des BRICS+ à Rio de Janeiro.

Représentant aujourd’hui près de 40 % du PIB mondial, ce bloc ne se contente plus de contester l’ordre établi : il bâtit ses propres institutions. La création de mécanismes de garantie financière alternatifs et l’usage accru des monnaies nationales ont commencé à éroder la suprématie du dollar, symbolisant une volonté de décolonisation économique sans précédent. Ce bloc, hétérogène mais uni par la volonté de réformer la gouvernance mondiale, impose à présent son propre agenda sur les questions de climat et de santé mondiale.

Enfin, la géopolitique de 2025 s’est jouée sur de nouveaux champs de bataille immatériels. La course à la suprématie dans l’intelligence artificielle et le contrôle des minerais critiques pour la transition verte sont devenus les nouveaux leviers de puissance. La guerre des semi-conducteurs entre la Chine et l’Occident s’est durcie, créant un monde fragmenté numériquement.

Nous quittons 2025 dans un monde archipel, où les puissances sont connectées par le commerce mais séparées par des murailles technologiques et idéologiques, rendant la stabilité mondiale plus précaire que jamais.

Juste un clin d’œil !